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Faire porter sa chienne n’est pas toujours aussi simple
et cela implique de prendre ses responsabilités au sujet
de la santé de la chienne ainsi que des décisions à prendre lors
de l’accouchement. Une naissance peut se dérouler tout à fait
normalement sans aucun problème ou prendre une toute autre
tournure et l’appel du vétérinaire peut devenir nécessaire.
Selon les
circonstances dues soit au fœtus, soit à la mère ou encore aux
deux, différentes décisions et actions sont à appliquer :
S’il
s’agit uniquement du fœtus qui se présente mal, quelques
manipulations pour corriger son positionnement peuvent parfois
suffire à résoudre la situation bloquée. De même, un trajet en
voiture pour se rendre au cabinet vétérinaire peut résoudre un
problème simple, et la naissance peut même avoir lieu en chemin
dans le véhicule.
Si cela ne
suffit pas, par exemple s’il y a obstruction parce qu’il
existe une disproportion fœto-maternelle comme c’est le cas
lorsqu’un fœtus est trop volumineux dans des très petites
portées (un ou deux chiots), ou s’il y a une malformation,
ou encore parce
que l’utérus avec une portée trop volumineuse est distendu et donc
n’effectue pas correctement ses contractions, le temps entre deux
naissance est prolongé (normalement le fœtus suivant arrive entre
10-15 minutes et 1 heure, 3 heures s’il y a eu repos). C’est ce
qu’on appelle l’inertie utérine primaire, l’aide médicamenteuse
peut parfois donner le coup de pouce qui va permettre d’accélérer
l’expulsion fœtale.
Si cela ne
fonctionne pas, une décision chirurgicale doit être prise
rapidement : s’il s’agit d’un blocage vulvaire et que le canal
pelvien est suffisant : ce sera une épisiotomie, si le problème
est plus en amont, au niveau de l’entrée du canal pelvien ou au
niveau utérin, ce sera une césarienne pour limiter un trop grand
épuisement chez la mère, et la perte de fœtus par souffrance
fœtale (hypoxie, compression) et, ou le risque de décollement
placentaire trop précoce.
La
césarienne peut avoir été décidée bien avant le début de la
naissance, on peut l’avoir
programmée pour diverses raisons : parce que la portée détectée
est
trop importante
et que les risques encourus de pertes de
fœtus ou de fatigue de la mère sont trop importants, parce qu’il
existe une disproportion foeto-maternelle raciale
(brachycéphales) ou d’un trop petit nombre de foetus. Un ou
deux chiots seront plus gros que lors d’une grosse portée (le
volume par chiot sera plus important et le passage du canal de
naissance peut être alors trop juste ou insuffisant), de plus
l’induction de l’accouchement sera moins active. Donc, la décision
chirurgicale en fonction des risques encourus en cas de portée
trop importante ou trop peu nombreuse sera quasiment la même. Lors
d’une très grosse portée, le risque de pertes de chiots est
augmenté, de même qu’une fatigue extrême de la maman due à un
accouchement prolongé.
Cette
décision doit tenir compte de la balance des risques entre la
« non intervention » et la « chirurgie », le risque de pertes
maternelle et/ou fœtales. La décision n’est jamais prise à la
légère, un accouchement est une épreuve de la vie où tout peut se
produire.
Le
« timing » d’intervention se situe au moment où le travail
commence par exemple : lors de la perte des eaux, ou lorsque le
taux de progestéronémie est inférieur à 2ng/ml, ou encore après 60
jours de gestation si l’on connaît le moment de fertilisation par
un suivi hormonal des chaleurs. Ainsi, les foeti seront
suffisamment viables et mâtures pour évoluer et se développer tout
à fait normalement.
Actuellement, les anesthésies dites balancées, avec oxygénation et
l’utilisation d’un anesthésique gazeux minimisent au maximum les
risques. La chienne en fin de gestation est très souvent un peu
anémique, l’apport d’oxygène est donc intéressant lors d’une
intervention à ce stade. Le réveil est également très rapide dès
l’arrêt de l’anesthésie, la chienne recouvre ses esprits et peut
allaiter, voir s’occuper pleinement de ses petits dans les heures
qui suivent.
Une
surveillance et un apport de lait maternisé sont parfois
nécessaires, une césarienne interfère sur le métabolisme et, comme
pour toute chirurgie, une phase de catabolisme suit pendant 24 à
48 heures. Mais, dans le cas d’une mère allaitante, on observe une
répercussion sur la lactation, la montée de lait est donc, en
général, décalée de ces 24-48heures de récupération de
l’organisme.
L’instinct
maternel existe comme lors d’un accouchement naturel, sinon que la
chienne doit gérer l’arrivée brutale de tous ses chiots plutôt que
progressive pendant des heures, l’accompagnement de l’éleveur est
très utile pour la soutenir au début.
Lors de
césariennes successives, on peut se poser la question mais
pourquoi et combien de fois peut-on encore intervenir ?
à l’ouverture, on constate immédiatement s’il y a des séquelles de
l’opération précédente : des filaments visibles sur les bords de
l’utérus et qui se lient à d’autres organes ou sur le mésentère
forment des adhérences. En fonction de la présence plus ou
moins importante ou inexistante de ce phénomène, on choisira ou
non de répéter une gestation. Il est évident que s’il n’y a pas
ou peu d’adhérences l’avis sera plus favorable. Et si en plus, la
chienne ne montre aucun signe de fatigue ou de vieillissement,
aucun argument ne pourrait s’opposer à ce qu’elle puisse à nouveau
faire une portée. Les chiennes brachycéphales, où la
césarienne fait partie de l’organisation de l’élevage de ces
races, peuvent supporter sans problèmes deux, trois voire quatre
césariennes si les conditions le permettent, rarement au-delà.
La remise
en forme après l’accouchement dépend plus de l’état d’épuisement
ou de fatigue pendant le déroulement de la naissance et de
l’intensité de la lactation (en durée et en nombre de chiots
nourris). Certaines petites astuces permettent de ne laisser à la
chienne qu’un nombre limité de chiots : par exemple sur une portée
de 16 chiots, elle peut ne s’occuper toujours que de 8 chiots.
On
alterne deux groupes de 8 toutes les deux heures, ce qui donne la
possibilité à tous les chiots d’être en contact intime avec leur
mère sans l’épuiser, l’éleveur s’occupant du groupe isolé en
alternance. Lors d’une césarienne programmée, la chienne n’est
pas encore ou depuis peu en travail, ce qui lui permet de
récupérer plus rapidement de l’intervention que si on doit
intervenir en plein milieu d’un accouchement pénible où elle est
épuisée.
Les chiots
nés par césarienne ne sont pas anormalement sur ou sous
développés, la maman récupère aussi bien que lors d’un
accouchement, elle peut donc, si elle est en pleine forme, avoir
de nouveau une portée après environ un an de repos sans plus de
risques qu’une autre.
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